7 trucs essentiels à la lecture d’une carte topographique

Une carte topographique est une représentation d’une zone géographique rendant, en plus des bâtiments et routes, toute une série d’informations pratiques sur le terrain.  

La carte topographique utilise généralement une échelle plus détaillée que la traditionnelle carte routière.  Là où la carte routière classique utilisera une échelle de 1/1000k, la carte topographique utilisera une échelle de 1/25k, ce qui permet de rendre beaucoup plus de détails.

1.  L’échelle

L’échelle d’une carte, c’est simplement le rapport entre la longueur mesurée sur la carte et une distance réelle entre 2 points dans l’espace.  Cette échelle se représente par une fraction (1/25000).  Le numérateur de la fraction représente la longueur mesurée sur la carte et le dénominateur la longueur réelle.

Longueur mesurée sur la carte / distance réelle correspondante

Pour une carte à l’échelle 1/25000, 1 centimètre sur la carte représente 25000 centimètre dans la réalité.  25000 centimètre, c’est 250 mètres, ce qui équivaut à environ 4 minutes de marche.  

Cartes topographiques à différentes échelles

On peut se procurer des cartes à toutes les échelles.  L’important est de choisir la bonne échelle pour l’utilisation que l’on prévoit.   

Une carte au 1/100000 ou 1/50000 sera utile pour découvrir la topographie d’une région, planifier une ballade en voiture ou encore à vélo avec GPS.

Pour une randonnée pédestre avec la carte et la boussole comme moyen de navigation, je recommande l’échelle du 1/25000 qui sera beaucoup plus lisible et parlante sur le terrain.

2. Le quadrillage

Le quadrillage de la carte permet le report de coordonnées prises à partir d’un GPS ou, inversément, prendre des coordonnées sur la carte afin de les transmettre.

Nous détaillerons ici le système de projection UTM.  Pour l’utiliser, vous devrez configurer votre GPS afin qu’il utilise l’affichage des coordonnées en mode UTM.

D’autres systèmes existent mais celui ci est pour moi le plus simple d’utilisation et est utilisé sur les cartes topographiques françaises compatibles GPS.  Les nouvelles versions des cartes belges devraient aussi utiliser l’UTM.

Des coordonnées UTM se présente sur 2 lignes, comme ceci :

31 T 0546 161
        4852 418

Ces coordonnées correspondent au point de vue sur le cirque de Séranne que j’ai eu la chance de visiter cet été.  

La lecture de ces coordonnées est simple.  Les deux premiers chiffres suivis d’une lettre (31 T) correspondent à une zone dans laquelle nous nous situons.

Ce code corresponds à un découpage mondial du terrain en zones.  Ce code de zone est généralement indiqué dans la légende de la carte IGN.

La première ligne corresponds à l’axe des abscisses (horizontal) et la seconde à l’axe des ordonnées (vertical).

La première série de 4 chiffres (0546) est reprises sur le quadrillage en axe des abscisses  pour la première ligne et la série correspondante en seconde ligne permet d’identifier une ligne du quadrillage sur l’axe des ordonnées.

Une fois que nous avons identifié l’intersection de ces 2 droites, la position renseignée se trouve dans le rectangle dont le point d’intersection définit est le coin inférieur gauche.

La ligne rouge corresponds à la section 0546 en abscisses (horizontal) sur la carte et la ligne verte corresponds à la section 4852 en ordonnées (vertical).  Le point d’intersection définit un carré dans lequel se situe le point renseigné.

Les 3 derniers chiffres correspondent à un nombre de mètres par rapport au point d’intersection.  Pour la ligne correspondant aux abscisses, le chiffre est de 161 et celui correspondant aux ordonnées est 418.  

Sachant que le côté du carré correspond à 1 kilomètre, on peut facilement estimer quel est la mesure exacte à reporter.

Une fois les distances reportées, je retrouve sur la carte l’endroit exact de mon point de vue.

3.  Les courbes de niveau

Sur une carte, les courbes de niveau représentent une série de points situés à la même hauteur.  Elles représentent un « chemin » qui ne monte ni ne descends.  Leur espacement et leur forme permettent de deviner le relief du terrain et de calculer les dénivellations exactes sur un parcours.

Carte topographique du cirque de la Séranne

Ci-dessus, on voit en rouge une courbe à 379 mètres d’altitude et en vert, une autre courbe à 663 mètres d’altitude.   Entre la courbe rouge et la courbe verte, il y a un dénivelé de 284 mètres et ces 2 courbes sont séparées par 13 courbes intermédiaires.  On peut en déduire que chacune de ces courbes représente environ 21 mètres de dénivelé.

Le point rouge et le point vert sont distants d’environ 600 mètres. A vol d’oiseau, il y a un dénivelé de 284 mètres à gravir sur une distance de 600 mètres.  On peut calculer l’indice de la pente comme ceci :

100 x ( dénivelé / distance horizontale )

Cela revient à dire 100 x ( 284 / 600 ) = 47 %.

C’est une pente raide, la monter ou la descendre sera difficile.  On peut d’ailleurs remarquer que le chemin part en zig-zag.  Cette forme de chemin est caractéristique de pentes très raides.

Calculer l’indice d’une pente est important quand on planifie une route.  Certains endroits dangereux pourront être évités et l’évaluation de la vitesse de marche pourra tenir compte du relief du terrain sur base d’information plus précise que « ça monte » ou « ça descends ».

4.  La légende

La légende donne la clé pour lire les symboles sur la carte. 

La légende permet de déterminer les différents types de routes, chemins et sentiers sur le terrain et aussi la végétation.  La composition des forêts (conifères, feuillus, mixte, prairie, vignes, …) peut être une information précieuse lorsque l’on cherche à se repérer sur la carte.

Je ne rentrerais pas dans les détails ici, chaque éditeur de carte utilise ses propres symboles.  Je vous invite à parcourir attentivement la légende de votre carte lors de la préparation du trajet et en cours de route.  

5.  Deux outils indispensables

La boussole est l’incontournable.  Elle permet de positionner la carte dans le sens du terrain et de reporter sur le terrain la direction de la marche.  Le dessus de la carte sera toujours au Nord.

Boussole plaquette Silva

Le curvimètre est un outil qui permet de mesurer des lignes courbes sur la carte.  Connaître une distance à vol d’oiseau, c’est bien, mais si on cherche à connaître la distance que l’on devra effectivement marcher, il faut pouvoir mesurer la longueur du chemin sur la carte pour ensuite, à l’aide de l’échelle, traduire cette mesure en distance réelle.

Tout comme les graduations sur la boussole, le curvimètre permet de mesurer directement en mètres/kilomètres  selon l’échelle de la carte.

Curvimètre Silva

6.  La carte n’est pas à jour ?

Toutes les cartes ne date pas d’hier.  Même une carte topographique que vous allez acheter aujourd’hui représente peut être le terrain tel qu’il était il y a 10 ans mais cela ne veut pas dire que la carte est totalement inutile.

D’abord, il est possible de consulter des images satellites d’assez bonne qualité via Google Maps ou Garmin Birds Eye (payant).  Pensez, lors de la planification d’un itinéraire, à confronter la carte avec des image satellites qui peuvent être plus récentes.  

Ensuite, certains éléments du terrain sont plus sujet au changement que d’autres.  Les routes, sentiers et bâtiments sont des éléments bien plus volatiles que les reliefs, les forêts et les cours d’eau.

Il est donc possible que des bâtiments soient présents là où, sur votre carte, il n’y a qu’une prairie mais une forêt où siègent des chènes adultes n’apparaît pas en quelques semaines, ni même en quelques années.

7.  Petits conseils pour conclure

Cela fait maintenant quelques années que je bourlingue autant que je peux sur le sentiers de Belgique et de France.  Du haut de cette expérience, je peux ajouter ces quelques petits conseils pratiques.  

Si toi, lecteur, tu peux ajouter quelque chose, balance tout dans les commentaires, je ne demande qu’à enrichir mon article et mes connaissances.

7.1.  Imprimez des morceaux de cartes : Une carte s’abime rapidement lorsqu’elle est utlisée intensivement.  Lors de la préparation d’une randonnée, je scanne des parties de ma carte au format A4 que je vais ensuite faire imprimer.  Ca ne coûte pas cher, ça préserve les grandes cartes et le format A4 est quand même plus facile à manipuler en randonnée.  On peut aussi annoter au marqueur les copies.

7.2.  Placez les cartes dans une chemise en plastique : Parfois il pleut.  En Belgique il pleut même souvent.  Même s’il ne s’agit que de copies pas chères, c’est toujours intéressant que les cartes restent lisibles jusqu’à la fin de la randonnée.

7.3.  Notez les azimuths sur la carte : prenez déja les directions à suivre d’un point à l’autre à la planification et écrivez les sur la carte.  Au passage de chaque point, il vous suffira d’adapter la bague de votre boussole pour avoir la direction du point suivant.

7.4.  Protégez la carte originale : La carte originale, conservez la soigneusement dans un sac étanche bien rangée dans votre sac à dos.  

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